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Covid-19 FO 04 s’adresse au Préfet des Alpes de Haute Provence

Monsieur Le Préfet,

Le département des Alpes de Haute Provence est impacté par la pandémie de Covid-19 comme tous les départements de France.

Dans cette situation d’exception, les salariés qui assument les tâches essentielles à la survie de la population sont mis à rude épreuve quand ce n’est pas en danger.

En effet, ils subissent un manque d’effectifs lié au retrait des personnes fragiles, des maladies, des gardes d’enfants, etc.

Face au virus, la mise à disposition d’équipements de protection individuelle s’avère inégale, chaotique et relève trop souvent du bricolage. Quant au dépistage, il n’est malheureusement réalisé que lorsque l’état de maladie est avéré...

Parmi ces salariés exposés au risque, la situation des personnels des EHPAD, des Hôpitaux, des services sociaux associatifs et des écoles est encore plus critique du fait de la prise en charge de personnes potentiellement ou effectivement contaminées.

Or, si beaucoup est fait en termes de soutien moral et de remerciements officiels, force est de constater qu’à ce jour, rien n’est fait pour concrétiser cette reconnaissance.

Au contraire, les dernières ordonnances gouvernementales ouvrent, une fois de plus, la voie à une dégradation des conditions de travail : allongement de la durée hebdomadaire, des plages horaires journalières, suppression de jours de congés, de repos, de RTT...

En ce qui concerne les services publics, et donc les services rendus à la population, là encore, nous constatons un risque de dégradation alors que, à la lumière du présent, tout devrait être fait pour les conserver et les renforcer.

L’évocation par la direction des hôpitaux 04 d’une fermeture, même temporaire, de la maternité de Digne sous prétexte de réorganisation de Covid 19 a fortement fait réagir notre syndicat santé. Si, face à sa réactivité, ce projet semble à cette heure abandonné nous ne pouvons qu’être révoltés par l’utilisation de la crise pour accélérer la fermeture et le regroupement des services publics.

C’est pourquoi, face à ces situations préoccupantes, l’union départementale Force Ouvrière des Alpes de Haute Provence vous demande de prendre toutes les mesures qui sont en votre pouvoir pour :

- S’assurer que tous les salariés qui doivent être au contact du public ou de collègues soient pourvus de tous les matériels de protection en quantité et en qualité.
- Que leurs conditions de travail, leurs horaires et suggestions ne soient pas dégradées mais qu’au contraire ces salariés puissent obtenir une véritable reconnaissance et compensation du risque et de leurs efforts.
- Que l’ensemble des salariés au contact du public et de collègues puissent bénéficier d’un dépistage systématique et, de manière urgente, l’ensemble des personnels des EHPAD, hôpitaux, écoles et travailleurs sociaux.
- De relayer auprès du gouvernement notre demande de reconnaissance de maladie professionnelle pour tous les salariés qui, hors télétravail, seraient atteints par le virus alors qu’ils sont en activité.

Enfin, monsieur le préfet, nous constatons que, parmi ces salariés qui permettent aujourd’hui la survie économique, sociale et sanitaire du pays, nombre d’entre eux sont assujettis à des contrats de travail précaires quand ils ne sont pas complètement « ubérisés », c’est à dire tâcherons.

Pour notre Union Départementale Force Ouvrière, il apparaît totalement indécent que l’on profite aujourd’hui de ces salariés sans leur garantir une fois la crise passée, un avenir autre que le retour à Pôle Emploi. Même dans les EHPAD, hôpitaux et services sociaux, certains de ceux qui sont aujourd’hui « en première ligne » travaillent sous statut précaire et peuvent se retrouver au chômage dès la fin de leur contrat, dès la fin de la crise.

C’est pourquoi, nous vous demandons :
- D’intervenir auprès des directions de ces établissements pour qu’un plan général de titularisation et de mise en CDI -suivant les cas- soit mis en place avant la fin de l’état d’urgence sanitaire. En la matière et pour l’Etat, se contenter d’encourager les applaudissements à 20 heures serait parfaitement insuffisant et immoral.

Nous le savons monsieur le Préfet, vos services sont actuellement fortement sollicités et les fonctionnaires dont vous disposez pour faire face à l’urgence n’échappent pas aux pénuries généralisées du service public. Le « retard à l’allumage » gouvernemental qui était tout entier occupé à réformer les retraites alors qu’il eut fallu travailler à anticiper la crise sanitaire annoncée ne vous facilite pas la tâche. Cependant, au vu de l’importance des sujets que nous soulevons dans la présente, nous vous demandons :

- De bien vouloir répondre à la présente lettre.
- De nous dire quelles actions concrètes les services départementaux de l’Etat vont initier pour que les salariés des Alpes de Haute Provence soient protégés et que leurs services soient reconnus et dédommagés.

De notre côté, nous restons particulièrement mobilisés pour faire remonter toutes situations d’urgence et légitimes revendications. Dans cet esprit, nous sommes donc demandeurs d’une rencontre dématérialisée dans les plus brefs délais pour débattre des sujets exposés dans cette lettre.

Dans l’attente, nous vous prions de recevoir, monsieur le Préfet, l’expression de notre plus haute considération.

Pour le Bureau de l’Union Départementale FO,

Le Secrétaire Général,

Stéphane Gavelle.

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